Les chignoles du taulier, on sort le bizarre

Après tout ce temps sans donner signe de vie, du fait de certains impératifs personnels et professionnels, il est temps de se remettre en selle. Une fois n’est pas coutume, je vais prendre le temps de vous parler un peu de moi, ou plutôt, de mes moyens de transports. Promis, je ne vais pas faire tout l’historique de ce dans quoi je me suis assis en tant que conducteur, mais me limiter à celles qui font partie de ma « collection » personnelle (même si le mot est clairement pompeux). 

J’en entends déjà quelques uns s’offusquer du terme de « chignole ». Entendons-nous bien, j’adore ces voitures, mais je vous rappelle aussi que le site s’appelle Les Flous du Volant. Nous ne sommes pas ici pour nous prendre au sérieux, du moins, pas trop.

Opel Ascona C : Le commencement de la fin

Il faut bien commencer quelque part, et quand on a vingt ans et que l’on est encore étudiant, les cordons de la bourse ne sont pas forcément extensibles a volonté. Je voulais mon ancienne à moi (on commençait vaguement à parler de youngtimers, lire aussi Youngtimer, ça veut dire quoi ?, mais le terme n’était pas encore à la mode). Pour me faire la main en mécanique, avec quelque chose que je ne regretterais pas de perdre, si jamais je faisais une boulette de débutant aux conséquences sérieuses.

Je gardais un vif souvenir d’enfance, lors de mon premier vrai départ en vacances avec mes parents, direction la Charente et ses longues heures de trajet, par nationale, dans l’Ascona grise, intérieur ocre (dieu qu’il était affreux) familiale. Et comme personne n’en voulait, c’était l’occasion toute trouvée pour moi. C’est un ami qui a dégotté l’annonce sur internet à l’époque, et il faut dire qu’on a bouclé une sacrée affaire ce jour-là ! Pour un prix que la morale réprouve, surtout avec l’élévation des tarifs, du fait de la raréfaction des voitures de cette époque, et l’engouement pour les « youngs », je suis donc reparti avec ma première voiture achetée avec mes propres fonds.

Là où la folie a commencé, et les débuts de mon attirance incontrôlable pour toutes ces voitures que les gens oublient.

Au fil des années, la bête a évolué, retrouvant différents accessoires d’époque, dont ce « magnifique » lot de jantes ATS, plus lourdes que les jantes tôle, oui monsieur. Toutefois, on ne va pas se leurrer, c’est loin d’être une super sportive, mais c’est la dernière d’une ère maintenant révolue : celle des coaches. En effet, point de coupé, toute la caisse est commune à la berline 4 portes, mais elle en offre seulement deux. Malgré tout, avec les 92 poneys du 1600, elle est loin d’être ridicule dans la circulation moderne, du fait de son poids encore contenu en dessous de la tonne.

C’est probablement la moins attirante de toutes, mais c’est très certainement celle à laquelle j’attache la plus grande valeur sentimentale. La prochaine étape, dégoter une Ascona Sprint, ou une Cavalier Caliber Outre-Manche (lire aussi mon article rédigé pour l’ami Paul : Opel Ascona Sprint/Calibre/i200: le sprint final) !

Jeep Grand Cherokee WJ : Sortir des sentiers battus

Là, c’est un peu plus complexe, la décision était collégiale. Remettons-nous dans le contexte, le véhicule devait d’abord et avant tout servir de voiture de tous les jours à mes parents ! Il faut le reconnaître, leur amener des idées peu orthodoxes, ce n’était pas forcément complexe, ma mère sortait de plusieurs Opel, celui qui allait devenir son mari d’une Alfa 75, et lorsqu’ils se sont installés ensemble, ils ont basculé vers le Chrysler Voyager. Les bases étaient donc posées pour rouler différent, et n’ayons pas peur de le dire, à un coût plus raisonnable que les véhicules de monsieur/madame tout le monde !

Le cahier des charges était plutôt simple, un break confortable pour les longs trajets, et ce pour deux raisons : quitter le monde du monospace et son assise (à l’époque) encore trop proche de celle d’un utilitaire (lorsqu’on approche de la retraite, c’est préférable), et, surtout, un grand coffre permettant de véhiculer la gent canine (à l’époque un berger allemand, aujourd’hui un berger des Pyrénées et un beauceron) !

La bête de somme familiale, dans sa robe rurale

Les recherches s’orientent vers une Saab 9-5 Estate, car les tarifs d’occasion sont relativement raisonnables, et la bête offre tout le confort et l’espace nécessaire. Cependant, une occasion se présente, un Grand Cherokee WJ, avec son petit V8 de 4.7 litres. On change d’esprit, mais, vu que mes parents envisageaient de partir s’installer en campagne, c’est le parfait choix. Confortable, équipé comme aucune voiture du même tarif (à l’occasion, à une époque ou le diesel était en progression fulgurante, une grosse cylindrée essence non allemande, vous atteignez des prix riquiqui), et capable de rouler lorsque la météo se dégrade au milieu de nulle part.

Ce n’est clairement pas une voiture de course, et les qualités dynamiques ne sont clairement pas celles d’une routière. Malgré tout, le glouglou du V8 reste une mélodie plus qu’agréable à l’oreille et le couple est on ne peut plus appréciable pour les activités rurales de mes parents. Quant à moi, dans cette affaire, j’ai mon gros joujou pour mes escapades continentales.

Mazda RX-8 : Voiture de crise

Cette fois-ci, il est temps de passer aux choses sérieuses ! Arrivant a trente ans, j’avais envie de passer à un véhicule plus statutaire au quotidien. Jeune cadre dynamique célibataire, c’était le parfait moment pour passer à une voiture un peu plus « sérieuse » que les compactes conduites jusqu’à présent.

C’est donc enfin l’heure d’avoir cette Saab 9-5 Aero qui me fait rêver depuis sa sortie. Les recherches avancent bien, je trouve les modèles qui me plaisent, et je fixe un budget travaux afin de pouvoir avoir une voiture en parfait état, et débarrassée de ses quelques points faibles. Vu que mon budget est fixé, et l’enveloppe disponible, je fais le tour du net pour voir les voitures disponibles dans cette gamme de prix. C’est là que tout a foutu le camp !

L’achat le plus inconsidéré, mais franchement celle dont je serais bien incapable de me séparer

Pour le même prix que l’Aero, on peut trouver une Mazda RX-8. Il faut l’avouer, le moteur à piston rotatif (lire aussi : Moteur rotatif et moteur à piston rotatif, attention à la confusion) m’a toujours fasciné. Et puis en pleine crise de la trentaine, un engin pareil ça fait quand même envie, d’autant plus que je ne suis pas des plus physiquement intelligents. Bon, je vous le dis de suite, la RX n’a pas aidé du tout sur ce point, la voiture attire gonzesses, c’est une légende urbaine ! En revanche côté conduite, j’ai rarement eu un tel jouet entre les mains, ca pardonne beaucoup, c’est équilibré comme peu de voitures peuvent l’être, mais ça boit comme un pilier de bar.

Elle est partie avec moi lors de mon emménagement en Angleterre, et maintenant, c’est une petite remise à neuf qui l’attend, avant de couler des jours heureux dans le sud de la France, en tant que véhicule de vacances, à la place du grand chef indien !

Saab 9-5 Aero : Enfin !

Après deux tentatives avortées, j’ai bien failli ne jamais y arriver. Après mon emménagement en Angleterre, il fallait bien, au bout de tout ce temps, passer à une voiture ayant le volant du bon côté. Décision était prise depuis le début de prendre une suédoise, toutefois le choix restait ouvert, et surtout, les choses ayant un peu changé depuis la France, il fallait aussi que la voiture plaise à ma moitié.

La shortlist comprenait deux voitures, la 9-5 Aero et la C70 première génération. Pourquoi donc ces deux véhicules radicalement différents ? Parce que mon esprit fait con voulait un peu d’Angleterre dans sa suédoise. La Saab pour son moteur issu du Slant 4 Triumph (preuve que British Leyland n’avait pas forcément de mauvaises idées, juste une application catastrophique) et la Volvo, pour son chassis développé avec TWR. Pour cette dernière, vivant à Gloucester, cela prenait une certaine saveur locale, Tow Walkinshaw ayant pris les commandes du club de rugby en 1997, jusque son décès en 2010.

La « petite » dernière, aux antipodes de toutes les autres, mais tout aussi attachante

Je ne vous le cache pas, madame était on ne peut plus séduite par la Volvo, et je cherchais un coupé T5. Toutefois, une fois encore, une belle opportunité s’est présentée, sous la forme d’une 9-5 Aero Estate, tout de noir vêtue. Elle est certes un peu kilométrée, mais l’historique est complet, et tous les MOT sont vierges sauf un, il y a 10 ans, pour des pneus à changer. Mieux encore, elle n’offre même pas un point de rouille, ce qui relève du miracle Outre-Manche, surtout pour une voiture de cet âge.

C’est donc maintenant mon véhicule quotidien, et il suffit de peu de temps à bord pour comprendre pourquoi la marque a rencontré un destin funeste. On cherche ce qui pourrait bien venir de chez GM ! La plate-forme, certes, est celle d’une Opel Vectra, mais pour en avoir eu une, je peux vous assurer que la Vectra semble une voiture fragile en comparaison. Tout est spécifique à la marque suédoise, sauf peut-être les boîtiers de ceinture de sécurité et la lampe de la malle. Tout est fait en dépit du bon sens industriel, mais c’est ce qui fait le charme de l’engin.

 

Comme vous pouvez le constater, il n’y a pas de fil conducteur autre que « rouler autrement », et encore, le terme est on ne peut plus pédant. Il s’agit plutôt de prendre des chemins alternatifs, loin des rengaines habituelles en terme d’automobile, car le choix est bien plus vaste que les quelques modèles que tout le monde vante (à tort ou à raison, là n’est pas le débat). L’automobile reste pour moi une véritable source d’émerveillement, surtout lorsqu’on sort des sentiers battus, et justement, c’est ce que j’essaie de proposer avec les Flous du Volant, une approche un peu différente, non axée sur un modèle, mais sur la « culture » automobile, au sens large. Promis, je reviens très vite pour d’autres sujets un peu plus de fond !

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