Nikola, l’anti-Tesla

Le sujet a été rapidement abordé il y a peu dans notre article sur la Tesla Roadster, mais prenons le temps de nous pencher plus sérieusement sur le cas de Nikola, qui s’annonce, pour l’instant, un concurrent sérieux pour le Tesla Semi.

Commençons par le nom, Nikola. Il est tout sauf innocent, puisqu’il s’agit du prénom de Tesla, cet ingénieur, inventeur, physicien serbo-américain qui a révolutionné l’électricité au début du XXe siècle avec ses travaux sur le courant alternatif. En étant un brin pince sans rire, on pourrait ajouter que Tesla est un joli nom, mais que le vrai cerveau c’était Nikola. Je n’irai pas jusqu’à affirmer que cela fait partie du raisonnement, mais… en communication, rien n’est jamais innocent.

Le Nikola One, tracteur longue distance, crée comme un appartement deux pièces, la couchette étant séparée du poste de conduite

L’opposition d’idées ne s’arrête pas là, tant sur le principe technique que sur le modèle économique, Nikola est aux antipodes de Telsa.

Du point de vue technique, tout d’abord, pas de système à brancher à un chargeur. Les véhicules produits par Nikola sont fidèles à la pile à combustible, permettant de recharger les batteries en roulant. Cette solution offre certains avantages non négligeables. D’une part, pas besoin de déployer un réseau électrique complémentaire, et dans une certaine mesure, un besoin de production inférieur. D’autre part, en embarquant son propre prolongateur d’autonomie, l’autonomie est par définition plus grande. De plus, du côté des émissions directes, l’impact des véhicules Nikola est tout aussi neutre, puisque la pile à combustible est alimentée par de l’hydrogène, la seule émission supplémentaire est de la vapeur d’eau, neutre en terme de réchauffement climatique, du fait de son cycle de vie.

Le Nikola Two, version « court-courrier » du One, sans couchette

 

Du point de vue économique, là aussi, Nikola est aux antipodes de son confrère. Ici, il n’est nullement question d’achat, mais de location longue durée, incluant le contrat d’entretien. De même, comme nous l’avons déjà évoqué, l’apport demandé est bien moindre que pour le Tesla Semi, permettant d’attirer une potentielle clientèle plus large. Mieux encore, le dit apport est remboursable en cas de désistement (en tout cas c’est ce qui est stipulé sur leur site web, là où Tesla ne fait aucune mention sur le sujet.

D’autre part, Nikola pourrait se trouver sur les rangs pour un marché inattendu, sur lequel Tesla ne peut répondre : les applications militaires. En effet, depuis le début de l’année 2017, le Department of Defense se penche sérieusement sur la pile à combustible à hydrogène, qui marie le meilleur des deux mondes : autonomie d’un véhicule à combustion, simplicité mécanique d’un véhicule électrique. C’est d’ailleurs dans cette optique que Nikola a développé le Zero, un véhicule tout-terrain, permettant de déplacer soldats et équipement, le tout rentrant dans un hélicoptère de transport. Il pourrait ainsi rejoindre le Chevrolet Colorado ZH2, qui poursuit ses tests grandeurs natures sous la houlette du DoD.

Le tout-terrain Zero

Une affaire à suivre, donc, et seul l’avenir nous dira qui avait « raison ».

 

2 pensées sur “Nikola, l’anti-Tesla

  • 3 décembre 2017 à 13 h 09 min
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    Toi, tu vas avoir des ennuis, Tesla est né Croate pas Serbe 😉 🙂

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    • 3 décembre 2017 à 14 h 32 min
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      Vaste sujet de discussion, s’il en est, haha. il est issu d’une famille serbe installée en Croatie… enfin en Autriche, à l’époque.

      Répondre

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